Les lézards voient-ils les couleurs ?

Contrairement aux serpents, qui expérimentent en grande partie le monde par l’odorat et le goût, les lézards sont des créatures plus visuelles. Les lézards dépendent de la vision pour survivre et leurs yeux sont bien développés. Un examen des preuves montre que la plupart des lézards peuvent mieux voir les couleurs que les humains; certains utiliseront la couleur pour communiquer et prendre des décisions, et certains peuvent même voir les couleurs dans une lumière très faible.

L’oeil du lézard

Les lézards ont des yeux de vertébrés typiques – la pupille laisse passer la lumière à travers une lentille, qui concentre la lumière à l’arrière de la rétine, où la lumière stimule les cellules photoréceptrices. Les cellules photoréceptrices transforment l’impulsion lumineuse en une impulsion électrique qui est transmise et interprétée par le cerveau. Les vertébrés ont deux types de cellules photoréceptrices : des bâtonnets, qui détectent la lumière lorsque les niveaux sont bas ; et des cônes pour détecter la couleur. Les cônes contiennent des pigments qui filtrent la lumière qui les frappe, permettant aux animaux de voir une variété de couleurs. Chez certaines espèces de lézards, certains de leurs cônes sont calibrés pour voir la lumière ultraviolette.

Lézards nocturnes

Les animaux nocturnes voient souvent mal les couleurs, mais ont une bonne vision en basse lumière. Ces animaux ont souvent des yeux contenant de nombreux bâtonnets et relativement peu de cônes. Les geckos sont différents, cependant, et voient dans la pénombre en utilisant trois ensembles de cônes. Une étude réalisée en 2004 par Lina SV Roth et Almut Kelber de l’Université de Lund, en Suède, a démontré que les geckos casqués (Tarentola chazaliae) étaient capables de discerner les nuances de gris et de bleu dans une lumière comparable au faible clair de lune.

Oeil pariétal

De nombreux lézards ont un troisième œil, situé sur le dessus de leur tête. Appelé œil pariétal, cet œil est très simple et sa fonction principale est de déterminer les niveaux de lumière. On pense que les lézards utilisent les données de cet œil pariétal pour influencer le comportement de pèlerinage. Fait intéressant, une étude réalisée en 2006 par King-Wai Yau de John Hopkins Medicine, publiée dans la revue « Science », a démontré que l’œil pariétal de certains lézards est même capable de voir deux couleurs différentes : le vert et le bleu. Il est possible que la distinction entre ces couleurs permette aux lézards de déterminer l’heure de la journée car les couleurs de la lumière du jour changent avec le soleil.

Couleur et communication

Les caméléons et les anoles présentent tous deux des adaptations remarquables qui permettent une communication basée sur les couleurs. En adoptant l’un des sous-ensembles de couleurs spécifiques à l’espèce, les caméléons peuvent communiquer l’agressivité, la domination, la soumission, la réceptivité et la non-réceptivité aux autres membres de leur espèce. Les anoles identifient les congénères par une combinaison de coups de tête et d’extensions de fanon. Ces fanons sont souvent de couleurs vives et à motifs, et les anoles les utilisent comme drapeaux pour annoncer leur identité aux lézards à proximité.

Couleur et prise de décision

Outre l’identification des espèces, les anoles peuvent utiliser la couleur pour prendre des décisions. Une étude visant à comprendre la capacité de prise de décision chez les anoles a été menée par Manuel Leal et Brian Powell, de l’Université Duke, et publiée dans un numéro du « Journal of the Royal Society: Biology Letters ». Leal et ses collègues ont présenté des anoles avec deux disques de couleurs différentes ; sous l’un des disques se trouvait un ver de farine – un régal pour un anolis. Dans la plupart des cas, les anoles ont appris à vérifier d’abord le disque de couleur appropriée pour le morceau savoureux.

Source

Laisser un commentaire